Je traverse le fleuve

Lauréate de La route des résidences ( Institut Français du Cambodge / Institut Français du Vietnam / Fondation La petite Escalère), j’ai parcouru le Vietnam et le Cambodge durant trois mois dans les pas de Marguerite Duras. Je suis partie dans une itinérance du Sud au Nord des deux pays dans cette « écriture de l’inconnu » dont Duras parle et qui m’a permis, au gré de mes rencontres, de réunir des images, portraits, intérieurs, paysages pour un ensemble auquel j’ai donné le nom de Je traverse le fleuve (extrait d’une chanson populaire Vietnamienne)
L’eau : l’omniprésence de ces fleuves, du delta du Mékong, de la mer, de ces cascades reculées dans le Ratanakiri au Cambodge, des lacs de Dalat au Vietnam, ont été le fil rouge de mes errances. Il y avait les mots de Duras :« Je ne peux pas penser à mon enfance sans penser à l’eau, Il y a toujours des fleuves, des lacs, des fleuves et la mer au bout des fleuves. »

Bien-sûr, je me suis enfoncée aussi dans les terres, du Phnom Kulen au Phnom Bokor où soufflent les vents, j’ai rencontré des femmes dans l’intimité de leur foyer. J’ai abordé ces pays sans les connaître, sans savoir ce que j’allais trouver et où « à tout moment je pouvais m’autoriser à tout changer. »
De ces itinérances, des petits matins brumeux jusqu’aux couchers des soleils, d’une nuit sans lune, de ces intimités du paysage, des portraits de ces femmes rencontrées, je ré-assemble aujourd’hui les images.
Traverser un fleuve… c’est ce qu’il me semble avoir vécu.